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Pour pacifier les Iroquois, Louis XIV décide d'envoyer en Nouvelle-France les 1200 militaires du régiment de Carignan-Salière. Notre ancêtre arrive donc à Québec en juin 1665, en qualité de sergent de la Compagnie de Monsieur de Chambly. Le gouverneur confie à cette Compagnie la construction du fort Chambly. Le démembrement du régiment s'effectue en 1668 et Pierre, comme environ le tiers des troupes, décide de se faire colon plutôt que de retourner en France.
Les filles à marier se faisant rares en Nouvelle-France, depuis quelques années déja le Roi recrute de courageuses jeunes françaises pour devenir les compagnes de nos valeureux pionniers. Françoise Baiselat, originaire de Paris et orpheline de père, est du nombre des passagères qui firent la traversée en 1668. Cette fille du roi contracte un premier mariage, quelques mois après son arrivée, avec le sergent Laurent Cambin dit Larivière. Ce dernier décède le 5 mai 1670, alors que leur fille Françoise n'a qu'un an.
Pierre Marsan dit Lapierre, originaire de Rouen en Normandie, épouse la jeune veuve de 24 ans, alors qu'il en compte 44, le 22 septembre 1670 en l'église Notre-Dame de Québec. Ils s'établirent dans la paroisse de Pointe-aux-Trembles, sur l'Ile-de-Montréal, et eurent 10 enfants dont trois moururent en bas âge. Lorsque Pierre décède en 1692 le cadet Joseph n'a que trois ans et l'ainé des garçons, François, est âgé de neuf ans. Françoise Baiselat épouse alors, au début de l'année suivante, en troisième noces, André Corbeil dit Tranchemontagne, âgé de 29 ans. Leur union fut cependant de courte durée, car Françoise meure en donnant naissance à leur fils François.
François, Jean et Joseph, les trois fils de Pierre Marsan dit Lapierre, s'établirent à Pointe-aux-Trembles. Jean et Joseph n'eurent aucun fils, à notre connaissance, qui se marièrent. Quant à François, il épouse le 14 février 1707 à Pointe-aux-Trembles, Élisabeth Desroches. Leurs trois fils ainés, Jacques, Pierre et François, obtiennent des concessions voisines le long du ruisseau du Point-du-Jour à l'Assomption. Jean-Baptiste, le quatrième des garçons, s'établit à Repentigny, le cinquième, Joseph, se dirige du coté de Terrebonne et le dernier, Antoine, ne quitte pas le village natal de Pointe-aux-Trembles. À ce jour, nous avons retracé au Canada et aux États-Unis, des descendants de Pierre, François, Jean-Baptiste et Joseph, les fils de François et d'Élisabeth Desroches.
Au dix-septième et au dix-huitième siècle l'on retrouve plusieurs variantes orthographiques de notre patronyme : Merçen, Merçan, Mersan et Mexen que l'on termine parfois avec un t ou un d, et presque toujours suivi du dit Lapierre. Au début du dix-neuvième siècle, certaines familles commencent à n'utiliser qu'un seul patronyme soit Marsan ou Lapierre. Quelque unes conservent, pour un certain temps Marsan dit Lapierre, qu'une famille québécoise porte encore aujourd'hui.
Texte de Jean-Guy Marsan j.g.marsan@globetrotter.net
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