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Sommaire :
Généalogie des branches nobles
Lieux d’intérêt
1 – Lors de son mariage, le 22 septembre 1670, avec la Parisienne Françoise Baiselat, dans l’église Notre-Dame de la ville de Québec, notre ancêtre Pierre Marsan dit Lapierre, alors âgé d’environ 44 ans et sergent dans le régiment de Carignan-Salière, a déclaré que ses défunts parents, Jean Marsan et Jacqueline de Vincent, avaient habités dans la paroisse de Saint-Nicolas de la ville de Rouen. Cette ville de Normandie est située sur la Seine à environ 140 kilomètres en aval de Paris.
2 – Le pavillon de Marsan est situé à l’extrémité nord-ouest des jardins des Tuileries, près du Louvre de Paris. Il doit son nom à la comtesse de Marsan, Marie-Louise de Rohan, fille du prince Louis de Rohan-Soubise. Elle était veuve de Charles de Lorraine, comte de Marsan, décédé à l’âge de 22 ans sans postérité. Louis XIV aurait donné aux ducs de Lorraine les vicomtés d’Armagnac et de Marsan en Gascogne. Pendant son séjour dans ce pavillon, la comtesse de Marsan devint gouvernante des enfants de France, notamment des futurs rois Louis XVI et Louis XVIII. Elle décéda en 1803 à l’âge de 83 ans.
3 – Alors que le régiment de Carignan-Salière est cantonné à Marsal en Lorraine, Louis XIV ordonne à son commandant le marquis Henri Chastelard de Salière, en décembre 1664, de conduire ses troupes au port de La Rochelle en Aunis, pour leur embarquement vers la Nouvelle-France. Nous avons tiré, l’itinéraire qu’emprunta le régiment à travers la France, de l’excellent ouvrage «Carignan-Salière» de Michel Langlois.
4 – C’est de leur campement sur les îles de Ré et d’Oléron, en face du port de La Rochelle, que les compagnies du régiment de Carignan-Salière montent sur les navires qui les conduiront dans la ville de Québec. Le Vieux Siméon hisse les voiles en avril 1665, le Paix et l’Aigle d’or quittent à la mi-mai et enfin, une dizaine de jours plus tard, le Saint-Sébastien et la Justice s’élancent à leur tour sur l’Atlantique. Les traversées dureront un mois pour le premier et s’éterniseront jusqu’à trois mois pour les derniers.
5 - En 1644, Thomas-François de Savoie, prince de Carignan, forme le régiment qui porte son nom pour le mettre au service du roi de France et en est le colonel, jusqu’à son décès en 1656. Après avoir participé aux campagnes d’Italie, le régiment de Carignan revient en France, au moment de la Fronde, pour combattre le prince de Condé. Après la paix des Pyrénées, le régiment de Carignan sera fusionné en 1659, aux troupes commandées par le marquis de Salière.
6 – Le mercenaire allemand Balthazar met son armée au service du prince de Condé lors de la Fronde en Gascogne, en 1652, mais après des revers, il capitule à Bordeaux, en juillet 1653, et met ses troupes au service du roi de France, contre le paiement d’une somme de 60 000 livres, d’après «Histoire de Mont-de-Marsan» de Louis et Michel Papy. Deux ans plus tard, le marquis Henri Chastelard de Salière remplace le colonel Jean Balthazar à la tête du régiment, pour finalement joindre, en 1659, ses troupes à celles du régiment de Carignan.
7 – Sur la rive droite de la Garonne, à 28 kilomètres en amont de Bordeaux, se trouve la ville de Lestiac où fut construit, au milieu du XVIIe siècle, le château de Marsan. La famille du constructeur, qui donna son nom au château, appartenait à une branche des anciens vicomtes de Marsan, comtes de Bigorre et de Comminges. Le constructeur, Pierre Marsan, n’eut de descendance que par ses filles. Le château est aujourd’hui entouré d’un grand vignoble cultivé par la société Gonfrier qui conserve ses chais dans ses voûtes. Il abrite le siège social de la société qui en a fait sa marque de commerce. Sur les étiquettes apposées sur les bouteilles de ses différents vins, l’on retrouve les armoiries des vicomtes de Marsan.
8 – La ville de Mont-de-Marsan est située à la confluence de deux petites rivières, la Douze et le Midou, dont la réunion forme la Midouze. Aujourd’hui chef-lieu du département des Landes, elle était autrefois la capitale de l’ancienne vicomté de Marsan. Fondée au milieu du XIIe siècle par Pierre de Lobaner, vicomte de Marsan, elle renfermait à l’intérieur de ses remparts, les châteaux de Lacataye, de Nolibos et le Château-Vieux. D’un marché et d’un petit port au début, elle se serait transformée en un centre administratif et militaire par la suite. L’église Sainte-Madeleine et le musée du donjon de Lacataye sont à visiter.
9 – L’écu losangé de la famille vicomtale de Marsan est visible dans les voûtes collatérales de l’église de Roquefort-en-Marsan où existait au XIVe siècle un de leurs châteaux. Roquefort fut la capitale du pays de Marsan jusqu’à la fondation de Mont-de-Marsan, à 22 kilomètres au sud-ouest. Elle marquait la limite nord de la vicomté de Marsan qui est apparue juste avant l’an mil et qui s’étendait vers le sud jusqu’à Aire-sur-L'Adour.
10 – Le château de Cauna, bâti par un cadet de la famille vicomtale de Marsan, est situé à 17 kilomètres de Mont-de-Marsan, dans la plaine de l’Adour. Il a été entièrement reconstruit et seul la tour carrée de 20 mètres de haut est d’époque. Cette forteresse a subit, pendant les troubles de la Fronde, les assauts du colonel Balthazar. Au dessus du porche de la chapelle seigneuriale, on peut encore voir les armes des vicomtes de Marsan.
11- À 32 kilomètres au sud de Mont-de-Marsan, dans la crypte souterraine de l’église du Mas de la ville épiscopale du Marsan à Aire-sur-L’Adour, se retrouvent également les armoiries des vicomtes de Marsan. C’est à cet endroit qu’a eut lieu en 1309 le martyre de sainte Quitterie, princesse Wisigothe, pour s’être convertie au catholicisme. L’église de Sainte-Quitterie contient également le sarcophage de la sainte.
12 – À environ 50 kilomètres à l’ouest d’Auch , chef-lieu du département du Gers, sur la route qui mène à Mont-de-Marsan, se trouve le village de Manciet D’après les dictionnaires généalogiques acadiens, c’est de cet endroit qu’était originaire Jean Marsan qui a épousé en 1737, Sébastienne Gaudin à Louisbourg en Acadie, qui fait partie aujourd’hui de la province canadienne de Nouvelle-Écosse. Il semble n’avoir eu de descendance que par ses filles. Une certaine tradition orale en fait un parent éloigné de notre ancêtre Pierre Marsan dit Lapierre.
13 – Dans le minuscule village de Marsan, à mi-distance entre Auch et Gimont, dans le Gers, on trouve un autre château de Marsan dont une partie très ancienne remonterait au XIe siècle. Le châtelain actuel est le duc Aymeri de Montesquiou. Cette commune aurait été un site militaire important au Haut Moyen Âge qui avait succédé à un domaine Gallo-Romain fondé par un certain MARTIUS, au premier siècle avant Jésus-Christ. Martius vient probablement de Mars, dieu grec et romain de la guerre. MARSAN signifierait domaine de Martius et serait l’origine de notre patronyme.
14 – À environ 100 kilomètres au sud de Toulouse, se trouve la chapelle de Notre-Dame-du-Marsan. Dans la seconde moitié du VIIe siècle, la légende veut que l’évêque de l’ancienne ville épiscopale de Saint-Lizier remplace, dans un temple romain avoisinant, le culte au dieu Mars par celui à la Vierge Marie. Ayant résisté aux attaques des Maures au siècle suivant et protégé de la peste noire les villes de la région au Xe siècle, cette chapelle devint un lieu de pèlerinage très renommé sur les deux versants des Pyrénées. Ces informations nous ont été communiquées par Jean DeMarsan de Saint-Marcel dans l’Indre qui les avait tiré de «Histoire illustrée des Pèlerinages Français de la Très Sainte Vierge» par le Père Jean-Emmanuel B. Rochon, Plon, Paris 1890.
15 – Françoise Baiselat, orpheline de père et originaire de Paris est arrivée en Nouvelle-France en 1668 avec un contingent de filles du roi. Elle apporte une dot de 300 livres et contracte mariage, dans la ville de Québec, le 14 août suivant, avec le sergent Laurent Cambin dit Larivière, originaire d’Avignon et arrivé en 1665 avec le régiment de Carignan-Salière. Ils s’établissent à Pointe-aux-Trembles où les Sulpiciens, seigneurs de l’île de Montréal, leur avaient donné une concession. Laurent Cambin décède en mai 1670 et laisse en France un héritage de 3 000 livres, qui selon la Coutume de Paris suivie en Nouvelle-France, revient à part égale à Françoise Baiselat et à Marie Cambin, leur fille unique.
Origine du patronyme MARSAN 
Il faut remonter à l’occupation de la Gaule par les Romains au premier siècle avant Jésus-Christ. Dans le sud-ouest de la France, on dénommait à cette époque «Aquitaine» le territoire délimité par les Pyrénées, la Garonne et l’océan Atlantique. La Garonne suit un tracé presque rectiligne depuis son embouchure à Bordeaux jusqu’à Toulouse où il tourne vers le sud pour remonter à sa source au sommet des Pyrénées. Dans cette province romaine, les villes de Bordeaux, d’Auch et d’Agen existaient déjà de même que la région du Bigorre et le domaine de Marsan. On situe ce domaine dans l’actuel village de Marsan que se trouve à 13 kilomètres à l’est de la ville d’Auch. Ce minuscule village a succédé à un domaine gallo-romain fondé par un certain MARTIUS, d’ou le nom du lieu qui signifie en français domaine de MARTIUS.
Pendant les trois premiers siècles de notre ère cette province d’Aquitaine s’étendait vers le nord jusqu’à la Loire, et on y remarquait déjà la région du Comminges et la colonie romaine de Dax. À cette époque l’administration romaine favorise la prédominance des villes au détriment des campagnes. Cependant au début du IVe siècle, les Romains séparent en deux cette grande province. Ils conservent l’appellation d’Aquitaine pour la partie au nord de la Garonne et désignent celle au sud, qui cède ainsi son nom d’origine, par celui de province des Neuf Peuples avec Eauze comme métropole. Ces peuples adoptent alors la langue latine. Le christianisme s’y implante et des diocèses font leurs apparitions, notamment ceux de Buch, Bazas, Bigorre, Oloron, Lectoure, Auch, Couserans, Comminges, Tarbes, Béarn, Aire, Dax, Toulouse, Agen et Bordeaux.
Au début du Ve siècle, alors que s’amorce le déclin de l’empire romain et pour contrer l’invasion des barbares venus du Nord, les Romains confient aux Visigoths, élite guerrière des Goths, la défense de cette attrayante partie de la Gaule. Un siècle plus tard, Clovis le roi des Francs, met un terme à la domination des Goths en Novempopulanie. Mais les héritages morcelés, les révoltes et les guerres fratricides de la dynastie des Francs, donnent une administration qui suscitent beaucoup de mécontentement chez les Neuf Peuples. Vers la fin du VIe siècle, les Vascones avaient déjà fait leur apparition. Allaient-ils mettrent un terme aux découpages royaux qui menaçaient l’unité du pays des Neuf Peuples?
Les Romains, depuis le premier siècle avant Jésus-Christ, tenaient les Vascons(Gascons) pour de redoutables guerriers. Installés sur le versant sud des Pyrénées, à la fin du VIe siècle, ils sont pourchassés par les Goths d’Espagne. Cherchant alors refuge sur le versant Nord et son piedmont, les Francs voient d’un mauvais œil ces intrus et tentent de les refouler. Mais l’épiscopat novenpopulanien les considèrent comme un utile contre-poids à l’autorité des rois francs et leur accordent leur appui. Les Gascons en profitent pour tenir tête aux souverains gaulois et asseoir leur autorité sur ce qui devient la Gascogne. À la fin du VIIe siècle, la principauté de Loup, leur premier duc, englobe tout le pays des Neuf Peuples et environ la moitié Sud de l’Aquitaine adjacente à la Garonne. Mais cette Gascogne fait toujours partie intégrante du royaume franc. Lors de l’occupation anglaise de 1259 à 1453, l’Aquitaine fut appelée «Guyenne» par les nouveaux maîtres. Le duché de Guyenne fut uni au royaume de France en 1472.
Texte tiré pour l’essentiel de l’histoire de la Gascogne par Renée Mussot-Goulard et publiée par les Presses Universitaires de France à Paris en 1996, dans la collection Que sais-je?
Généalogie des branches nobles
Ducs de Gascogne 
Comme les chercheurs en histoire et en généalogie ne sont pas unanimes sur la filiation des premières générations des ducs de Gascogne, il faut donc les prendre avec une certaine réserve. Certains recommandent de les considérer comme une succession chronologique plutôt que comme une descendance de père en fils. C’est le point de vue de Jacques de Cauna dans «Cadets de Gascogne» édité à Bordeaux en 2002, où nous avons puisé l’essentiel de ce qui suit.
I – Le premier qui aurait porté le titre de duc de Gascogne est Loup I et aurait vécu vers 643-673. On le voit dans le sillage du patrice de Toulouse auquel il succéda. Il aurait trouvé en lui-même le fondement de son pouvoir, car on ne peut prouver qu’il était issus de la race royale des Mérovingiens.
II – Eudes dit Odon ou Huon de Bordeaux, connu comme duc d’Aquitaine vers 710, pourrait être le fils du précédent. D’un premier mariage, seraient nés Hunald, qui suite à son entré dans un monastère de l’île de Ré est remplacé en 745 à la succession paternelle par Waïfre. Après l’assassinat de ce dernier en 768, son frère cadet Hunald II lui succède. Eudes aurait eut d’un deuxième mariage Hatton décédé en 742, Rémistan, que le roi Pépin fit pendre en 768, Lampédia, qui épousa Othman Ben Abou-Nessa, émir de Cordoue et Loup II.
III – Charlemagne enleva, en 769, le duché de Gascogne à Loup II pour avoir donné asile à la famille du rebelle Waïfre. Il prit sa revanche de belle façon en attaquant à Roncevaux, le 15 août 778, l’arrière-garde de l’armée de Charlemagne qui rentrait en France à la suite d’une campagne en Espagne. Ce fait d’armes lui valut malheureusement la mort dans les fers au palais royal. De son mariage vers 740, avec une fille de Fruela, duc de Cantabrie, il aurait eut Sanche-Loup, Centulle-Loup, comte de Bigorre et Donat-Loup, comte de Buil en Aragon.
IV – Surnommé le Fort, Sanche-Loup, duc des Gascons se serait marié vers 765. Envoyé dans son pays, après avoir été élevé au palais royal, il lutta toute sa vie contre l’Islam et connut la mort en héros en 816 à la bataille contre Abd-al-Krim, dans une vallée aragonaise. Son fils : Aner-Sanche, comte de Gascogne, fut mis à mort en 836 par Pépin pour lui avoir résisté, Sanz-Sanz, qui succéda à son frère, une fille qui épousa le comte E. de Périgueux et Doda, épouse de B. de Septimanie.
V – Fils de Sanche-Loup et chef de guerre légendaire, Sanche-Sanche, surnommé Mitarra, comte et duc de Gascogne en 836, se serait marié vers 845 à Quisilio Garcia de Buil dont il aurait eu Sanche-Sanche II. Vainqueur des musulmans à plusieurs reprises, ils le firent cependant prisonnier en 850, avec son beau-frère, le comte de Périgueux. Le roi, Charles le Chauve, paya leur rançon. Il eut à subir jusqu’en 859, plusieurs invasions des Normands sur l’Adour et la Garonne.
VI – Sanche-Sanche II, comme son père eut à subir les invasions fluviales des Normands. La panique et les ravages que provoquèrent ces barbares, le forcèrent à déplacer le centre du duché vers l’est, loin du rivage océanique. De son mariage avec une princesse de la Maison d’Aragon, il aurait eu deux fils, Aner-Sanche et Garsie-Sanche. On situe son décès vers 886.
VII – Marié vers 870, à Aminiane d’Angoulême ou à Amuna d’Agen, selon les auteurs, Garsie-Sanche, aurait été le premier à porter le titre de comte et marquis de Gascogne. Son fils aîné, Sanche-Garsie, lui succéda dans le comté de Gascogne de 920 à 930. Ses deux autres fils, Guillaume-Garsie et Arnaud-Garsie, reçurent respectivement les comtés de Ferensac et d’Astarac. Quant à ses trois filles, Azibelle épousa le comte d’Aragon, Andregote le comte Raimond de Bordeaux et Garsende le comte de Toulouse et de Rouergue.
VIII – Sanche-Garsie, comte et marquis de Gascogne, se marie en premières noces vers 875 à Aremburge de Périgord qui lui donne trois fils : Garsie-Sanche, Sanche-Sancion et Guillaume-Sanche. D’un deuxième mariage, dont l’histoire n’a pas retenue le nom de l’épouse, il eut cinq fils dont Donat-Sanche, auteur des comtes d’Agen et des vicomtes de Lomagne et d’Auvillars, Aner-Sanche, auteur des vicomtes d’Oloron, de Dax, de Gabarret, de Tursan et de Louvigny, Amanieu-Sanche, auteur des sires d’Albret, Gombaud-Sanche, évêque de Gascogne et archevêque de Bordeaux et Ezi-Sanche auteur des vicomtes de Marsan.
IX - Guillaume-Sanche, duc et comte de Gascogne, fut appelé à succéder à ses deux frères aînés, son règne marque l’apogée de la principauté gasconne. Il se couvrit de gloire en écrasant les Normands à Taller vers 982. Six ans plus tard, il restaura le monastère de Saint-Sever. Afin de facilité l’administration de la Gascogne, il fonde plusieurs comtés et vicomtés qu’il confia principalement à ses frères dont celle de Marsan à Ezi-Sanche le cadet de la famille. Outre ses deux fils, Guillaume-Sanche et son épouse Urraca, eurent comme successeurs son neveu Eudes et Guillaume VIII d’Aquitaine dit Gui-Geoffroi, fils de Guillaume V d’Aquitaine et de Agnès de Bourgogne. En effet, Bernard Tumapaler, comte d’Armagnac, prétendant naturel à la succession de Gascogne à la mort de Eudes en 1040, ne sut pas résister à un affrontement armé de la part de Gui-Geoffroi. C’est à partir de lui que la Gascogne fut rattachée à l’Aquitaine.
Les vicomtes de Marsan 
IX – Ezi-Sanche, issus du second mariage de Sanche-Garsie, duc de Gascogne, et frère de Guillaume-Sanche, s’est marié vers 935 et eut deux fils : Aner-Ezi et Azinel-Ezi. Lorsqu’il appui son frère Gombaud, évêque de Gascogne dans la fondation de l’abbaye de La Réole en 979, il est déjà vicomte de Marsan.
X – Né vers 958, Aner-Ezi, second vicomte de Marsan, se maria vers 960 et eut avant sa mort en 993, deux fils : Loup-Aner et Sanche-Aner.
XI – Loup-Aner ou Lobaner, troisième vicomte de Marsan, régna de 1002 à 1019. Il serait le fondateur de l’abbaye de Larreule. Marié vers 985, il laissa au mois un fils, Guillaume-Loup.
XII – Guillaume-Loup, vicomte de Marsan, de 1021 à 1033, laissa d’une union contractée vers 1010 trois fils : Raimond-Guillaume, Achelin-Guillaume, moine à La Sauve-Majeure, et Géraud-Guillaume, qui est à l’origine des Marsan de Cauna.
XIII – Raimond-Guillaume, vicomte de Marsan, règne une vingtaine d’années jusqu’à sa mort en 1063. D’un mariage contracté vers 1040 il eut Aner-Raimond.
XIV – Aner-Raimond, vicomte de Marsan, cité de 1070 à 1100, il se marie vers 1070 et fut père de Loup-Aner II.
XV – Loup-Aner II ou Lobaner II, vicomte de Marsan, marié vers 1095 eut au moins un fils : Pierre de Marsan.
XVI – Pierre de Lobaner, vicomte de Marsan, fonda entre 1136 et 1140 la ville de Mont-de-Marsan, au confluent de la Douze et du Midou. Il se maria en 1118 avec Béatrix III, unique héritière de Centulle II de Bigorre et de Amable de Béziers. Après son mariage, il porta donc le titre de comte de Bigorre qu’il transmit à son fils Centulle III. Sa fille Rouge de Bigorre épousa vers 1150 Boémond, comte d’Astarac.
XVII – Centulle III, comte de Bigorre, vicomte de Marsan, né en 1127, épousa en 1145 Matelle de Baux née vers 1125, fille de Raymond I, prince de Baux et de Stéphanie de Gévaudan. Centulle III décède en 1178 trois ans après Matelle. Avec le remariage d’Aliénor d’Aquitaine en 1152 à Henri Plantagenêt, bientôt roi d’Angleterre, après que Louis VII, roi de France, l’eut répudiée, les seigneurs de Gascogne devinrent, pour les trois siècles suivants, les vassaux des rois d’Angleterre. Ceci marqua également le début de la première guerre de cent ans. Pour les anglais l’Aquitaine s’appelait la Guyenne.
XVIII – Née vers 1155, la fille unique de Centulle III et de Matelle de Baux, Stéphanie, comtesse de Bigorre et vicomtesse de Marsan, veuve de Pierre II de Dax, épousa en 1182 Bernard IV de Comminges, qui la répudia dix ans plus tard, après qu’elle lui ait donnée une fille du nom de Pétronille. Il était le fils de Bernard III de Comminges et de Laurence de Toulouse. Il décède à l’âge de 75 ans, le 22 février 1225, neuf ans après Stéphanie.
XIX – Ils marièrent le 1 février 1196 a Sainte-Marie de Muret, leur fille Pétronille, comtesse de Bigorre et de Comminges, à peine âgée de dix ans, à Gaston VI de Moncade, vicomte de Béarn. Il était le fils de Guillaume-Raymond II de Moncade et décéda dix-huit ans plus tard, âgé d’environ 50 ans. Devenue veuve Pétronille eut quatre autres maris. Une première union, en 1215, avec Nuno Sanche d’Aragon, fut annulée faute de dispense du 4e degré, suite aux intriques de Simon de Montfort qui la persuada d’épouser son fils Guy le 6 novembre 1216 à Tarbes. Après la mort de Guy de Montfort, au siège de Castelnau en 1220, elle épousa en 1222, Aymar de Rancon, fils de Geoffroi IV de Rançon et de Jeanne de Surgeres, qui décéda quatre ans plus tard, âgé d’environ 26 ans. Enfin d’un dernier et cinquième mariage, en 1228, avec Boson de Mastas, vicomte de Cognac, de qui elle eut Mathe de Mastas à qui elle légua, avant son décès le 3 novembre 1251, la vicomté de Marsan.
XX – Mathe de Masta, vicomtesse de Marsan, par son mariage avec Gaston VII de Moncade en 1240, fit entrer la vicomté de Marsan et le comté de Bigorre dans la Maison de Béarn, qui devint le plus puissant pays de Gascogne. Ils eurent quatre filles, dont l’aînée Marguerite hérita du Béarn. Constance, vicomtesse de Marsan et comtesse de Bigorre, épouse en 1258, Alphonse d’Aragon et en 1267 Henri d’Angleterre. La troisième, Mathe de Moncade, épousa en 1260, Géraud V, comte d’Armagnac. Quant à la benjamine Guillelma de Moncade, elle s’unit en premières noces à Sanche IV roi de Castille et en deuxième noces à Pierre d’Aragon.
XXI – Marguerite de Moncade, vicomtesse de Béarn, par son mariage en 1252 avec Roger-Bernard III, comte de Foix, fils de Roger IV de Foix et de Brunissende de Cardonne, donna naissance à la quatrième Maison de Béarn, soit celle des comtes de Foix. Ils eurent : Gaston I de Foix-Béarn, Brunissende de Foix-Béarn, mariée en 1298 à Hélie VII de Périgord et Marguerite de Foix-Béarn, mariée en 1291 à Bernard-Jourdain IV, seigneur de l’Isle.
XXII – Gaston I de Foix-Béarn, comte de Foix, vicomte de Béarn et de Marsan, gouverna de 1302 jusqu’à sa mort en 1315. Il avait épousé en 1301 Jeanne d’Artois dont il eut : Gaston II de Foix-Béarn, Roger-Bernard I, vicomte de Castelbon, Robert, évêque de Lavaur et Blanche de Foix, mariée en 1337 à Jean II de Grailly.
XXIII – L’aîné, Gaston II de Foix-Béarn, comte de Foix et vicomte de Béarn, succéda à son père de 1315 à 1343. Il épousa Aliénor de Comminges, décédée vers 1369, dont il eut Gaston III dit Phébus à cause de sa blonde chevelure.
XXIV – Gaston III dit Phébus, pris charge du Béarn à la mort de son père en 1343 et le dirigea jusqu’à son décès en 1391. Il se maria à Agnès de Navarre dont il eut un seul fils qu’il assassina en 1380 dans les prisons du château d’Orthez à la suite d’une querelle, parce qu’il le soupçonnait d’avoir participé à un complot pour l’empoisonner, avec entre autres certains membres de sa belle-famille de la Maison d’Armagnac. Bien que Gaston-Phébus eut par ailleurs trois autres fils naturels, ces derniers ne purent prétendre à sa succession. On fit appel à son plus proche parent, Mathieu de Castelbon.
XXV – Mathieu de Castelbon, époux de Jeanne d’Aragon, était le petit-fils de Roger-Bernard I de Castelbon de Foix-Béarn. Décédé sans postérité en 1398, il eut pour héritière sa sœur Isabelle de Castelbon, comtesse de Foix et de Bigorre, vicomtesse de Béarn et de Marsan, née vers 1360. Elle épouse le 20 août 1380, à Civrac, son cousin Archambault de Grailly, avec qui elle gouverna le Béarn jusqu’à leur mort en 1412. De leur mariage sont issus : Jean, Gaston, Archambault et Mathieu.
XXVI – L’aîné, Jean I de Foix-Béarn, comte de Foix, de Bigorre et d’Armagnac, vicomte de Béarn et de Marsan, succéda à sa mère à la tête du Béarn pendant quatorze ans. Il se maria trois fois, en 1413 à Jeanne de Navarre, le 25 février 1423 à Jeanne d’Albret et en 1436 à Jeanne d’Aragon. De son mariage avec Jeanne d’Albret, il eut Gaston IV qui lui succéda à son décès le 4 mai 1436.
XXVII – Gaston IV, né le 26 février 1423, comte de Foix, vicomte de Béarn fut marié par contrat le 22 septembre 1433 à Éléonore infante de Navarre, fille de Jean II roi d’Aragon et de Blanche d’Évreux reine de Navarre. Par ce mariage, retardé au 30 juillet 1436 à cause du jeune âge des contractants, la vicomté de Béarn était annexée au royaume de Navarre. Dans la victoire de la France en 1453, qui chassa les Anglais de la France et qui mit fin à la deuxième guerre de cent ans, le roi Charles VII pu compter sur l’aide de Gaston IV et d’Éléonore. Ils eurent deux fils : Gaston V et Jean. Gaston IV décéda à Roncevaux le 25 juillet 1472 et ses funérailles eurent lieu à Orthez.
XXVIII – Pour assurer son autorité sur la région, le roi Louis XI favorisa le mariage de sa jeune sœur Madeleine de Valois le 7 mars 1462 à Tours, avec Gaston V, comte de Foix et de Bigorre, vicomte de Béarn et de Marsan. Comme Gaston V décéda, dans un tournoi, le 23 novembre 1470 à Libourne à l’âge de 27 ans, il ne succéda donc pas à son père. Ils eurent deux enfants : François-Phébus et Catherine.
XXIX – François-Phébus régna sur la Navarre de 1472 jusqu’à sa mort le 30 janvier 1483 à Pau. C’est alors que sa sœur Catherine de Foix, monta sur le trône de Navarre. Elle épouse l’année suivante à Orthez, Jean d’Albret, fils d’Alain d’Albret et de Françoise de Blois. La réunion du comté de Foix, de la vicomté de Béarn et de Marsan, etc., à l’Albret, constituera après le décès d’Alain d’Albret en 1522, le plus vaste principauté de France. Catherine décède le 12 février 1517. Son mari était décédé le 17 juin 1516.
XXX – Catherine eut comme successeur son fils Henri II d’Albret, né le 18 avril 1503 à Sanguesa en Navarre et marié à Marguerite de Valois-Angoulême le 21 janvier 1527 à Saint-Germain-en-Laye, fille de Charles d’Orléans et de Louise de Savoie. Elle décéda le 21 décembre 1549 à Odos en Bigorre, quelques années avant son époux, qui trépassa le 25 mai 1555 à Hagetmau dans les Landes.
XXXI – À la mort de son père, Jeanne II d’Albret, née le 7 janvier 1529 à Pau en Béarn, vicomtesse de Béarn et de Marsan, devint reine de Navarre jusqu’à son décès le 9 juin 1572 à Paris. Elle épousa en deuxième noces le 20 octobre 1548 à Moulins, Antoine de Bourbon, fils de Charles et de Françoise d’Alençon. Jeanne fit du calvinisme la religion officielle de son royaume de Navarre, bien que son mari, qui fut mortellement blessé le octobre 1562 au siège de Rouen, avait opté pour le catholicisme, dans l’espoir que la France appui ses prétentions au trône de Navarre. Jeanne d’Albret survécu dix ans à son mari et connut les guerres de Religion qui tournèrent en guerres civiles.
XXXII – Leur fils Henri III de Navarre, gouverneur de Guyenne, né le 13 décembre 1553 à Pau, régna de 1572 à 1610. Il épousa en premières noces Marguerite de Valois le 18 août 1572 à Paris et après avoir adjuré le protestantisme, devint roi de France le 27 février 1594, sous le nom de Henri IV. Quatre ans plus tard, il répudia la reine Margot et unit sa destinée à Marie de Médicis, née à Florence en Italie.
XXXII – La sœur de Henri IV de France, Catherine d’Albret, née le 7 février 1559 à Paris, épousa, le 31 janvier 1599 au château de Monceaux à Brie eu Seine-et-Marne, Henri II de Lorraine, duc de Bar, fils de Charles II de Lorraine. Catherine décédera à Nancy en Lorraine le 13 février 1604.
Ducs de Lorraine, comtes de Marsan 
Une branche cadette des Ducs de Lorraine a porté le titre de comte de Marsan. D’après certains chercheurs, c’est Louis XIV qui a fait don en 1645 de la vicomté de Marsan et du comté d’Armagnac, réunis à la couronne de France depuis 1607, à Henri, fils de Charles, duc de Lorraine et d’Elbeuf, comte d’Harcourt, de Lillebonne et de Rieux, et de Marguerite Chabot. Nous avons tiré la généalogie qui suit de l’ouvrage «La maison ducale de Lorraine» de Georges Poull, édité en 1968.
Le premier duc de Lorraine qui porta le titre de vicomte de Marsan, semble être Henri de Lorraine, vicomte d’Armagnac, d’Harcourt et de Brionne, qui avait épousé en 1639, Marguerite Philippe du Cambout. Leur cinquième fils, Charles, né en 1648, auteur de cette branche cadette, épousa en premières noces en 1683, Marie-Françoise d’Albret, fille unique de César-Phébus d’Albret, comte de Miossens, maréchal de France et gouverneur de Guyenne et veuve de Charles-Amanieu d’Albret, sire de Pons et prince de Mortagne. En deuxième noces en février de 1696, il a épousé Catherine-Thérèse de Matignon, veuve de Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, ministre de Louis XIV.
Du second lit est né, en octobre 1696, Charles-Louis de Lorraine. Il porte les titres de comte de Marsan, sire de Pons, prince de Mortagne, souverain de Bedeilles, marquis de Mirembeau, d’Ambleville, baron de Coraze, de Miossens et de Gerderetz, etc. Il est plus connu sous l’appellation de prince de Pons. Il a épousé le 1 mars 1714 Élisabeth de Roquelaure, fille de Gaston-Jean-Baptiste, duc de Roquelaure, maréchal de France, de qui il eut : Léopoldine-Élisabeth-Charlotte, née le 2 octobre 1716, Louise-Henriette-Gabrielle, dite Mademoiselle de Marsan, née le 30 octobre 1718, Gaston-Jean-Baptiste-Charles, comte de Marsan, né le 7 février 1721, Françoise-Marguerite dite Mademoiselle de Mirambeau, née le 1 janvier 1723, Louis-Joseph dit le chevalier de Lorraine, né le 5 octobre 1724 et Louis-Camille, prince de Marsan, né le 18 décembre 1725.
Gaston-Jean-Baptiste-Charles, comte de Marsan, brigadier des armées du roi, décédé sans postérité à l’âge de 22 ans, sept ans après son mariage en 1736 avec Marie-Louise de Rohan, fille du prince Louis de Rohan-Soubise, devenue gouvernante des enfants de France après la mort de son mari. Elle portait le titre de comtesse de Marsan et habitat le pavillon Marsan, dans les jardins des Tuileries adjacents au Louvre à Paris, qui devait son nom à la famille ducale, royale et impériale de Lorraine qui y séjournèrent les premiers. Parmi les enfants de France dont elle eut la charge, on compte les futurs Louis XVI et Louis XVIII nés respectivement en 1754 et 1755. Elle décéda en 1803 à l’âge de 83 ans.
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